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17 février 2020
Jeu : aide et référence
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Jeu excessif : Prévenir la rechute

Essayez-vous de cesser de jouer ou de jouer moins ? Vivez-vous des situations ou des sentiments qui rendent votre objectif difficile à atteindre ? Comme pour la plupart des personnes qui ont développé une dépendance aux drogues par exemple (alcool, cannabis, etc.), vous risquez d’avoir quelques écarts et même de rechuter, pendant votre sevrage.

Mais, avant de poursuivre, il est important de noter la différence entre la rechute et l’écart. Les deux commencent souvent de la même manière, mais la nuance se situe au niveau de votre réaction face à votre retour au jeu. Dans le cas d’un écart, vous vous reprenez en main rapidement. La rechute, quant à elle, est un retour à une perte de contrôle en situation de jeu après une période d’abstinence. Il s’agit d’une phase importante à comprendre et sur laquelle un joueur excessif peut travailler.

Avoir des rechutes est-il inquiétant ?

Votre entourage et vous aurez tendance à voir vos rechutes comme un revers ou à l’inverse à banaliser ces épisodes. Le défaitisme et la banalisation ne sont pas des comportements qui contribuent à combattre la perversion du jeu. D’une part, prendre le retour au jeu à la légère accroît le risque de passer à côté des indices annonciateurs d’une perte de contrôle davantage aggravante. D’autre part, dramatiser une rechute pourrait affecter votre volonté et vous laisser croire que vous êtes incapable de modifier votre comportement addictif de façon durable.

Prenez conscience que la rechute n’est pas un échec et qu’elle fait partie intégrante du processus de changement, comme l’ont montré les psychologues Prochaksa et Di Clemente à la fin des années 1970 avec leur modèle en six stades :

  • Le déni
  • La prise de conscience
  • La décision de changer
  • L’action
  • Le maintien du changement
  • La rechute.

À la lumière de cela, si vous faites une rechute, persistez dans votre démarche et demandez de l’aide pour cheminer vers le mieux-être ou du moins l’amélioration de votre condition. Rechuter permet de vous engager dans un nouveau cycle de changement. Lorsque vous reprenez la démarche, vous ne partez pas de zéro. Au contraire, vous avez déjà entrepris des efforts et le point d’où vous repartez est différent d’une fois à l’autre. À ce moment-là, prenez le temps d’analyser dans quel contexte est survenue la rechute. C’est l’occasion d’identifier de nouveaux éléments pour la suite du processus de changement et de mettre en place de nouvelles stratégies pour gagner votre combat contre votre dépendance au jeu.

Comment éviter une rechute ?

Chaque joueur excessif possède ses propres déclencheurs. L’élément (ou la combinaison d’éléments) qui déclenche votre envie de jouer peut être différent d’un autre joueur excessif. Ces déclencheurs peuvent se présenter isolément ou interagir pour vous faire oublier vos résolutions.

Il est donc important d’être en mesure de les identifier pour apprendre à les gérer et ainsi prévenir la rechute.

Voici des repères qui peuvent aider à garder le contrôle en situation de crise.

Maîtriser ses émotions négatives et positives

  • En vivant des émotions négatives telles que la frustration, la tristesse, l’irritabilité, la solitude ou la colère, on peut retrouver l’envie de jouer. On peut penser à tort que jouer aide à mieux se sentir.
  • À l’opposé, on peut vouloir jouer pour célébrer une occasion spéciale, un événement heureux ou simplement parce qu’on se sent particulièrement bien. Attention, jouer n’est pas une façon de se récompenser. Il ne faut pas perdre de vue qu’on est dans une démarche qui vise à régler ses dettes de jeu excessif.
  • On peut aussi vivre un événement favorable inattendu : par exemple une rentrée d’argent ou une phase positive au travail. Cet événement peut donner le sentiment d’être particulièrement chanceux, de pouvoir gagner à tout coup.

Éviter les occasions de jouer

La proximité d’un lieu de jeu ou la réunion d’amis pour une partie de poker, par exemple, constituent des occasions auxquelles on peut difficilement résister.

Modifier ses habitudes

Si on a pris l’habitude de jouer en revenant du travail, par exemple, on peut trouver difficile de briser cette routine. Il en va de même si, par exemple, on a toujours joué un jour précis de la semaine, quand on est seul ou en présence des mêmes amis.

Rester réaliste

On pourrait croire qu’on est en mesure de gérer une situation de jeu qui a déjà causé des difficultés. Il faut se rappeler pourquoi, entre autres, on est devenu un joueur excessif.

Résister à l’envie de se refaire

Si, par exemple, on n’arrive pas à payer ses comptes, tenter de regagner l’argent perdu peut sembler une solution. Il faut écarter cette idée complètement illusoire et se rappeler comment on devient dépendant aux jeux de hasard et d’argent.

Résister à la pression sociale

Si l’on fait partie d’un groupe d’amis qui s’adonnent au jeu, cela peut être difficile de leur dire que vous ne jouez plus.

Pratiquer d’autres activités

  • Des problèmes au travail, des difficultés financières ou des relations tendues peuvent vous donner l’impression que le jeu serait un bon moyen d’évasion.
  • Également, si l’on s’ennuie, on peut être tenté de retrouver un peu d’excitation en jouant de nouveau.

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